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L’UDCEH, un champion pour la masculinité positive

L’UDCEH, un champion pour la masculinité positive

La masculinité positive n’est pas une perte de pouvoir pour l’homme, mais un gain de paix et de santé 


Dans le cadre d’un accord de subvention conclu entre l’UDCEH et IPAS pour la mise en œuvre des activités du projet NDI Uwagaciro dans la province de Butanyerera, l’Association « Union pour le Développement, le Changement des Mentalités et l’Épanouissement de l’Humanité », en sigle UDCEH, a pris part à un atelier de formation sur la masculinité positive, tenu les 25 et 26 Mars 2026 à l’Hôtel Le Paradis, à Kayanza, et organisé par IPAS à l’intention de 12 membres d’organisations œuvrant dans les anciennes provinces de Ngozi, Kayanza et Butanyerera.

Le projet Ndi Uwagaciro, financé par le Royaume des Pays-Bas et mis en œuvre par un consortium composé d’Alfajiri Whet et DKT, vise à promouvoir la dignité, le bien-être et l’autonomisation des adolescents et des jeunes en répondant aux enjeux des femmes et des jeunes, tout en ciblant leurs besoins spécifiques au sein des communautés.

Pourquoi ce thème : la masculinité positive ?

Dans de nombreux pays africains, à l’instar du Burundi, la masculinité dite « positive » se heurte à plusieurs défis d’ordre culturel, social, économique et institutionnel. Ce concept, qui promeut une vision de l’homme basée sur le respect, l’égalité, la responsabilité et la non-violence, entre souvent en contradiction avec des normes traditionnelles profondément enracinées. Parmi ces défis figurent les normes culturelles et les stéréotypes de genre, le poids de la socialisation dès le plus jeune âge, les conditions socio-économiques, les inégalités de genre persistantes, les influences religieuses et traditionnelles, ainsi que le manque de modèles masculins positifs visibles.

  1. Au Burundi, la société valorise encore largement une masculinité traditionnelle associée à l’autorité, à la domination et au rôle de chef de famille. L’homme est souvent perçu comme celui qui doit contrôler les décisions du foyer, tandis que la femme est assignée à un rôle subordonné. Cette perception rend difficile l’acceptation d’une masculinité positive, qui prône le partage des responsabilités et le respect mutuel entre partenaires.
  2. Les garçons sont souvent éduqués à ne pas exprimer leurs émotions, à éviter toute forme de vulnérabilité et à affirmer leur virilité par la force ou l’autorité. Cette éducation limite leur capacité à adopter des comportements plus ouverts, empathiques et respectueux. Ainsi, promouvoir la masculinité positive nécessite de transformer les modèles éducatifs, ce qui constitue un processus lent et complexe.
  3. Le Burundi étant l’un des pays les plus pauvres du monde, de nombreux hommes font face au chômage, à la précarité et à un manque d’opportunités économiques. Dans ce contexte, l’incapacité à subvenir aux besoins de la famille peut être perçue comme une perte de statut ou de virilité. Cela peut engendrer frustration, stress et parfois des comportements violents, notamment dans le cadre familial. La masculinité positive, qui valorise d’autres formes de réussite que le pouvoir économique, a donc du mal à s’imposer dans un environnement où les ressources sont limitées..
  4. Malgré les efforts du gouvernement et des organisations de la société civile, les femmes continuent de faire face à des discriminations dans l’accès à l’éducation, à la propriété foncière et aux opportunités économiques. Dans ce contexte, promouvoir une masculinité positive implique aussi de remettre en question les privilèges masculins, ce qui peut susciter des résistances de la part de certains hommes qui craignent de perdre leur pouvoir.
  5. Certaines interprétations des textes religieux ou des coutumes peuvent renforcer des rôles de genre rigides, tandis que d’autres peuvent être mobilisées pour promouvoir le respect, la compassion et l’égalité. Le défi consiste donc à travailler avec les leaders religieux et communautaires afin d’encourager des interprétations favorables à une masculinité plus équilibrée.
  6. Les hommes qui adoptent des comportements respectueux, non violents et égalitaires sont encore peu valorisés dans l’espace public. Sans exemples concrets, il est difficile pour les jeunes générations de s’identifier à cette nouvelle forme de masculinité.

C’est dans ce contexte que cette formation a été organisée afin de mieux outiller les OBC partenaires d’IPAS et d’améliorer la qualité de leurs interventions en matière de droits des femmes et des jeunes, notamment en SSR, au niveau des communautés.

L’UDCEH a été représentée par Jolys Hakizimana, président et représentant légal, et Prosper Kwizera, membre du personnel affecté au même projet. Cette formation, après avoir mis en lumière les nombreux défis auxquels fait face la masculinité, a permis de renforcer les capacités des participants sur les pistes de solutions et les actions à mettre en œuvre pour promouvoir ce concept au sein des communautés.

Pour les organisations présentes, la communication non violente et la déconstruction des normes toxiques constituent des outils essentiels pour réussir le changement au niveau communautaire, en partant des hommes décideurs pour les transformer en hommes partenaires, puis en hommes alliés.

La masculinité positive veut des Hommes qui s’impliquent dans la SSR de leurs femmes /famille, des hommes champions, des Hommes qui accepte la solidarité économiques dans leurs familles, des hommes qui rejettent la violence et qui protège sa femme

HAKIZIMA jolys  Président et représentant légal de l’UDCEH a salué cette initiative de IPAS et selon lui , Pour les surmonter les défis multiples et interconnectés liés à la masculinité positive, il est essentiel d’agir simultanément sur les normes culturelles, l’éducation, les conditions économiques et les politiques publiques. Cela nécessite l’implication de tous les acteurs de la société, en mettant  les hommes eux-mêmes au centre, afin de construire une société plus juste, égalitaire et pacifique.